Abdelhak Mekki, universitaire, enseignant en sciences politiques : « La confirmation de la mort d’Abou Zeid et de Belaouer aura un impact certain »

Reporters : A supposer que les chefs terroristes Abou Zeid et Belaouar soient tués. Quelles conséquences leur disparition peut-elle avoir sur la nébuleuse Aqmi et le terrorisme d’inspiration religieuse dans la région ? Abdelhak Mekki, universitaire, enseignant en sciences politiques : « La confirmation de la mort d’Abou Zeid et de Belaouer aura un impact certain » dans Mekki Abdelhak trans

Abdelhak Mekki : Il y aura, dans le court terme, un impact certain. Sans chefs, les groupes terroristes présents dans la région auront du mal à coordonner leurs actions et à reprendre le sentier de la guerre rapidement. Ils peuvent en représailles commettre des attentats, mais cela me semble difficile à envisager par rapport à la pression à laquelle ils sont soumis actuellement. A moyen et à long termes, il faut une construction politique pour les neutraliser complètement de la scène nord-malienne. Cette construction passe par un dialogue avec les groupes touaregs et par un plan de développement pour empêcher le recours au trafic et à la contrebande.

Certains craignent une sanctuarisation des groupes armés, comme en Afghanistan. Qu’en pensez-vous ?
C’est possible, mais ce n’est pas du tout le même terrain. Il y a des comparaisons qu’il vaut mieux ne pas faire. En Afghanistan, les taliban se fondent dans la masse et sont moins visibles. Au Mali, les groupes d’Aqmi et les autres n’ont pas cet avantage et l’intervention française ne leur a pas permis d’avoir le temps de s’ancrer davantage dans le paysage. Cela ne veut pas dire qu’ils ne disposent pas de complicités locales. L’impact de la force de frappe française, appuyée par celle des Tchadiens et des Maliens, sans compter l’entrée en jeu des drones américains, sera sur eux plus foudroyant.

La solution sécuritaire privilégiée par Bamako, la France et maintenant les Etats-Unis est donc payante ?
Je viens de le dire : la solution sécuritaire à elle seule ne suffira pas dans un pays clivé et déchiré par des foyers d’hostilité anciens. Il faut une solution politique durable, qui tienne compte des demandes politiques et économiques du Nord-Mali et de ses habitants. Les forces d’intervention internationales, même si elles seront au Mali pour un certain temps, n’y resteront pas éternellement. Cela s’est passé de mode. A un moment ou un autre, les Maliens seront en face d’eux-mêmes et devront trouver par eux-mêmes les moyens de vivre ensemble.

Quel rôle l’Algérie peut-elle jouer ?
Celui d’une expertise militaire, indéniablement. L’Algérie et ses services de sécurité disposent d’un savoir-faire qui est sollicité par les parties impliquées dans le conflit. Elle est, par ailleurs, obligée de sécuriser ses frontières et empêcher qu’elles ne soient le théâtre de troubles ou de tensions. C’est déjà, indirectement, une manière de contribuer à la sécurisation de cette partie de l’Afrique sahélienne.

 

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